Musée BMW de Munich : un siècle d’histoire en mouvement
Allemagne · Bavière · Munich · Août 2026
Musée automobile · Histoire industrielle · Motos · Design
Quatre cylindres géants brillent sous le soleil d’août. À leurs pieds, un bol d’argent semble posé sur la pelouse. Je le découvre depuis l’impériale d’un bus touristique. Le moteur n’est pas encore allumé que la visite a déjà commencé.
Nous consacrons une journée entière au musée BMW de Munich et au BMW Welt. J’y ai vu plus de voitures, de motos et de moteurs que je ne l’imaginais.


Le musée BMW de Munich, un bol posé face à l’Olympiapark
Le quartier respire encore les Jeux olympiques de 1972. La tour de l’Olympiapark domine les arbres. Juste en face, BMW a planté son décor.
L’architecte autrichien Karl Schwanzer signe les deux bâtiments en 1973. Le siège, surnommé le « quatre-cylindres », imite un bloc moteur. Le musée prend la forme d’un bol futuriste, typique des années 1970.
Après quatre ans de travaux, le musée rouvre en 2008. Il s’étend désormais sur 4 000 m². Il présente plus d’une centaine de voitures, de motos et de moteurs.


Notre conseil : Le bus touristique à arrêts libres dessert l’Olympiapark. C’est une manière agréable d’arriver, cheveux au vent.
Que voir au musée BMW ? D’abord, le ciel
Avant les voitures, des moteurs d’avion
Voilà ma première surprise. L’histoire de BMW ne commence pas sur la route. Elle commence dans les airs.
En 1917, la société de Karl Rapp devient la Bayerische Motoren Werke. Elle fabrique alors des moteurs d’avion. Le premier grand succès s’appelle le BMW IIIa. En 1919, il emmène un pilote à plus de 9 700 mètres d’altitude, un record mondial.
Le musée expose ces mécaniques comme des sculptures. Une hélice en bois surplombe un six-cylindres en ligne. Plus loin, le BMW VI de 1926 aligne douze cylindres en V. Le moteur en étoile BMW 132 de 1933 ressemble à une fleur d’acier.
Le logo bleu et blanc ne représente pas une hélice. Il reprend les couleurs de la Bavière. La légende de l’hélice naît d’une publicité de 1929. BMW l’a laissée courir pendant des décennies.

La moto, puis l’automobile
Le traité de Versailles interdit à l’Allemagne de produire des moteurs d’avion. BMW doit se réinventer. En 1923 naît la R 32, sa première moto. Son moteur boxer à cylindres opposés équipe encore les BMW d’aujourd’hui.
L’automobile arrive en 1928. BMW rachète l’usine d’Eisenach et sa petite Dixi, fabriquée sous licence Austin. Une berline rouge aux roues fines ouvre ainsi une saga de près d’un siècle.



1939-1945 : la page sombre
Le musée ne cache pas cette période. Pendant la guerre, BMW redevient un motoriste aéronautique. Son moteur en étoile BMW 801 propulse notamment le chasseur Focke-Wulf 190.
Pour tenir les cadences, l’entreprise recourt massivement au travail forcé. Des dizaines de milliers de déportés et de prisonniers travaillent dans ses usines. À Allach, près de Munich, un camp annexe de Dachau jouxte le site.
Je lis ces panneaux plus lentement que les autres. Ils rappellent que l’histoire industrielle n’est jamais neutre. BMW a d’ailleurs commandé une étude historique indépendante sur cette période.
Une scénographie qui donne le vertige
Des voitures accrochées aux murs
C’est ce qui m’a le plus impressionné. La quantité de véhicules, d’abord. Leur mise en scène, surtout.
Les Série 3 successives grimpent le long d’un mur, empilées comme des maquettes. Chaque génération se superpose à la précédente. Cinquante ans d’évolution se lisent d’un seul coup d’œil.
Dans une autre salle, les Série 5 s’alignent sur un sol gradué comme une piste. On passe de l’orangée des années 1970 à la berline électrique actuelle en vingt pas.
Des passerelles vitrées relient les espaces. Depuis les hauteurs, on domine des places entières couvertes de cabriolets. On a l’impression de survoler un embouteillage de rêve.




La galerie des moteurs
Un long couloir blanc aligne les moteurs sur des socles, datés comme des œuvres. On y croise le M12/13 de 1981. Ce quatre-cylindres turbo de 1,5 litre dépasse les 1 000 chevaux en qualification. En 1983, il offre à Nelson Piquet le premier titre mondial d’un moteur turbo en F1.
Ce moteur m’a ramené deux étés en arrière, à Modène. Au musée Enzo Ferrari, un V12 de Formule 1 trônait comme une relique. Deux philosophies se répondent. Ferrari célèbre la noblesse du douze-cylindres. BMW revendique l’efficacité brute d’un petit bloc suralimenté.

Motos, voitures et icônes : la diversité qui fait la différence
Le royaume de la moto
Chez Ferrari, tout est rouge et tout roule sur quatre roues. Ici, la moto occupe une vraie place. C’est la grande différence entre les deux visites.
Une R 90 S orange de 1973 attire l’œil. Des side-cars de course, carénés comme des fusées, attendent le départ. Plus loin, une machine profilée rappelle l’exploit d’Ernst Henne. En 1937, il atteint 279,5 km/h à moto. Son record tiendra quatorze ans.




La petite Isetta et la BMW 700, les voitures qui ont sauvé BMW
Après la guerre, BMW fabrique des casseroles et des vélos pour survivre. Puis vient l’Isetta, une bulle à porte frontale. Elle se vend par dizaines de milliers.
En 1959, pourtant, BMW frôle le rachat par Daimler-Benz. L’industriel Herbert Quandt refuse la vente et investit massivement. La BMW 700, dessinée par l’Italien Giovanni Michelotti, relance alors la marque. Sans cette petite voiture, pas de Série 3 aujourd’hui.



Elvis, Need for Speed et Jeff Koons
Certaines voitures ont droit à leur propre scène. La BMW 507 d’Elvis Presley trône dans un écrin de velours rouge. Le King l’achète en 1958, pendant son service militaire en Allemagne. Retrouvée en piteux état, BMW l’a entièrement restaurée.
La BMW 328 de 1939 brille sous les projecteurs. Tout près, la M1 rouge rappelle une autre filiation italienne. Giorgetto Giugiaro a dessiné sa silhouette en coin.
Les amateurs de jeux vidéo reconnaîtront la M3 GTR gris et bleu. Elle est devenue culte grâce à Need for Speed: Most Wanted. Une Série 8 multicolore signée Jeff Koons clôt le parcours en couleurs.






Belle Macchine : quand l’Italie dessine les BMW
Dernière surprise, et pas des moindres. L’exposition « Belle Macchine » célèbre le design italien chez BMW. Après Modène, le clin d’œil tombe à pic.
Sous un décor de ciel toscan, les coupés se dévoilent sur des tapis rouges. La BMW Garmisch de Marcello Gandini porte le nom d’une station bavaroise. Je vous l’ai racontée dans un autre article. La Nazca de Fabrizio Giugiaro ressemble à un vaisseau spatial.
Pour finir, la Vision Neue Klasse baigne dans une lumière violette. Elle annonce les BMW électriques de demain. Du moteur d’avion à la batterie : la boucle est bouclée.

Le BMW Welt, un théâtre de verre et d’acier
Le ballet des livraisons
Une passerelle relie le musée au BMW Welt. Changement d’ambiance immédiat. Ici, on ne regarde plus le passé. On assiste au présent.
L’agence viennoise Coop Himmelb(l)au a conçu ce bâtiment ouvert en 2007. Son toit ondule comme un nuage de métal. Un double cône de verre tourbillonne à l’entrée.
Le spectacle se joue sur une scène surélevée, la Premiere. Des clients y récupèrent leur BMW neuve. Les voitures surgissent des sous-sols, étincelantes. Puis leurs propriétaires descendent la rampe au volant, sous le regard des visiteurs.
Je reste un long moment accoudé à la rambarde. Chaque départ ressemble à une sortie de scène. Certains filment, d’autres rient nerveusement. On partage un peu leur fierté.



Notre conseil : Venez en semaine. Les livraisons se concentrent sur les jours ouvrés.
Spider-Man, MINI et side-car
Au rez-de-chaussée, les show cars volent la vedette. Spider-Man, figé en pleine action, s’accroupit sur le toit d’une berline noire. À côté, un SUV électrique rouge arbore une toile d’araignée sur la carrosserie.
Plus loin, l’univers MINI prend le relais. Une MINI électrique aux couleurs John Cooper Works semble prête pour la piste. Une grosse R 18 attelée à un side-car rétro complète le tableau.
L’entrée est gratuite. On peut s’installer dans presque toutes les voitures. Mon âme d’enfant a adoré.





Musée BMW ou musée Ferrari : lequel choisir ?
Les deux visites se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Le musée Enzo Ferrari de Modène raconte une passion, celle du sport et de la course. Il s’adresse d’abord aux amoureux du cheval cabré.
Le musée BMW raconte une entreprise, avec ses succès et ses zones d’ombre. Avions, motos, berlines familiales, voitures de course : la palette est bien plus large. Même sans être passionné d’automobile, on en ressort plus instruit.
Mon verdict ? Ferrari fait battre le cœur. BMW nourrit la curiosité.
Mes conseils pratiques pour visiter le musée BMW de Munich
🌡️ Quand partir
Le musée se visite toute l’année, par tous les temps. En été, arrivez à l’ouverture, à 10 h. Les groupes affluent en début d’après-midi. Le musée ferme le lundi, contrairement au BMW Welt.
🎟️ Combien coûte le musée BMW et combien de temps prévoir ?
Comptez environ 17 € par adulte en 2026. Vérifiez le tarif sur le site officiel du musée avant de partir. Prévoyez trois heures pour le musée et une heure pour le BMW Welt. Le musée ouvre du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h.
🚶 Se déplacer
Le métro U3 s’arrête à la station Olympiazentrum, juste en face. Le musée et le BMW Welt se trouvent à deux minutes à pied. Le parking du BMW Welt est payant à l’heure.
🏎️ Les incontournables
- Les moteurs d’avion des débuts de BMW
- Le mur des Série 3 et le hall des Série 5
- La BMW 507 d’Elvis Presley
- L’Isetta et la BMW 700, sauveuses de la marque
- L’exposition « Belle Macchine » sur le design italien
- La scène de livraison Premiere au BMW Welt
🌅 Points de vue et photos
Le pont qui mène au BMW Welt offre la meilleure vue sur le « quatre-cylindres ». Dans le musée, montez sur les passerelles pour photographier les places d’en haut. Au BMW Welt, la galerie du premier étage domine la scène Premiere. Évitez le flash : les carrosseries renvoient tout.
🍽️ Où manger
Le BMW Welt abrite plusieurs restaurants et cafés, du snack au gastronomique. Pour une pause plus bavaroise, traversez l’Olympiapark. Les Biergärten du parc servent bretzels et Weißwurst à l’ombre des arbres.
🚗 Comment y aller
Le site se trouve au nord de Munich, à 15 minutes du centre en métro. Depuis Garmisch-Partenkirchen, comptez environ 1 h 15 de route. Depuis Füssen et les châteaux de Louis II, prévoyez deux heures.
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Et vous, vous avez visité le musée BMW ?
Plutôt Ferrari ou plutôt BMW ? Avez-vous assisté au ballet des livraisons du BMW Welt ? Quelle voiture ou quelle moto vous a le plus marqué ?
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