Visiter Munich en 2 jours : églises, Résidence et marché

Visiter Munich en 2 jours : églises, Résidence et marché


Allemagne · Bavière · Munich · Août 2026
Églises baroques · Patrimoine royal · City-break · Marchés


À Munich, on ne vous dit pas bonjour, mais plutôt « Grüß Gott », « que Dieu vous salue ». Ainsi, le ton est donné dès les premiers mots. Ici, la foi se lit dans les mots, les clochers et le calendrier.

Et c’est d’ailleurs ce qui nous amène à passer deux jours intenses à explorer Munich. Au départ, nous pensions découvrir une capitale de la bière. Finalement, nous avons surtout trouvé une ville de clochers, de dorures et de rois bâtisseurs.

Le nouvel hôtel de ville néogothique de Munich sur la Marienplatz


Le quartier de la gare de Munich, un camp de base en pleine mue

Nous posons donc nos valises dans le quartier de la gare, le Bahnhofsviertel. Ce choix est avant tout pratique, car les trains, le métro et les trams partent à deux pas.

Pourtant, le quartier affiche un visage contrasté. Épiceries orientales, kebabs et hôtels se côtoient dans les rues autour de la Schwanthalerstraße. Et partout, des grues : Munich reconstruit entièrement sa gare centrale.

D’ailleurs, le chantier est colossal. Un nouveau hall vitré remplacera le bâtiment d’après-guerre, tandis qu’une tour de bureaux d’environ 70 mètres doit s’élever à côté. Sous nos pieds, une seconde ligne de S-Bahn se creuse à une quarantaine de mètres de profondeur.

Mais la ville a aussi voté un parvis sans voitures, rendu aux piétons et aux trams. Les promoteurs annoncent la fin des travaux vers le milieu des années 2030. En somme, le quartier gris deviendra un quartier connecté, et nous l’avons vu en pleine mue, ce qui fait aussi le charme de voyager.

Heureusement, dix minutes de marche suffisent pour rejoindre le centre. En chemin, on passe devant la fontaine de la Karlsplatz, que les Munichois appellent Stachus. Derrière les jets d’eau, le palais de Justice déploie sa coupole verte.

La fontaine de la Karlsplatz et le palais de Justice de Munich

Notre conseil : Logez près de la gare pour le budget et les transports. Pour le charme, préférez cependant l’Altstadt, à dix minutes à pied.


Marienplatz et le Glockenspiel : que voir au cœur de Munich ?

Le spectacle de 11 heures

Il est presque 11 heures sur la Marienplatz. Bientôt, la foule se fige, le nez en l’air, et tous les regards convergent vers la tour du Nouvel Hôtel de Ville, le Neues Rathaus.

Ce palais néogothique semble médiéval, et pourtant il date de 1867-1908. Georg von Hauberrisser l’a dessiné comme une cathédrale laïque, hérissée de pinacles et de statues.

Puis les cloches sonnent enfin. Le Glockenspiel s’anime : 43 cloches et 32 figurines grandeur nature. À l’étage supérieur, on célèbre le mariage du duc Guillaume V et de Renée de Lorraine, en 1568, tandis qu’un chevalier bavarois désarçonne son rival lorrain sous les applaudissements de la foule, ravie de la victoire locale.

En bas, à l’étage inférieur, les tonneliers exécutent le Schäfflertanz. Selon la tradition, cette danse redonnait courage aux Munichois après une épidémie de peste. Le spectacle dure une quinzaine de minutes, et nous restons donc captivés jusqu’au chant du petit coq doré, qui clôt le spectacle.

La tour du Glockenspiel sur le Nouvel Hôtel de Ville de Munich

Après le spectacle, nous poussons la porte de la cour intérieure de l’hôtel de ville. Là, le changement d’ambiance est remarquable : les façades gothiques montent vers le ciel, loin de la cohue.

Notre conseil : Le Glockenspiel joue à 11 h et à midi, et à 17 h de mars à octobre. Écartez-vous de la façade pour tout voir et venez tôt, car la place se remplit vite.

La Vierge au centre de la place

Au milieu de la place, une colonne porte une Vierge dorée : c’est la Mariensäule. Le prince-électeur Maximilien Ier l’érige en 1638, remerciant ainsi Marie d’avoir épargné la ville pendant la guerre de Trente Ans.

Et d’ailleurs, la place tient son nom de cette colonne. Marie est la Patrona Bavariae, la protectrice de la Bavière, et le 15 août reste d’ailleurs un jour férié à Munich.

La colonne de la Vierge, la Frauenkirche et le Nouvel Hôtel de Ville sur la Marienplatz


Munich, ville d’églises : notre plus grande surprise

Voilà ce que nous n’avions pas anticipé. Munich compte des églises à chaque coin de rue, et elles vivent vraiment : des fidèles prient, allument des cierges, se signent en passant.

En effet, la Bavière reste une terre profondément catholique. Au XVIe siècle, ses ducs refusent la Réforme protestante et les Wittelsbach font de Munich un bastion de la Contre-Réforme. Leurs églises devaient impressionner, émouvoir et convaincre, et quatre siècles plus tard, ça fonctionne encore.

Le Bürgersaal, Saint-Pierre et le Saint-Esprit

Notre première église surgit dans la rue piétonne, entre deux boutiques. Le Bürgersaal cache une salle rococo blanc et or à l’étage, tandis qu’en bas, dans l’église basse, repose le père Rupert Mayer, un jésuite qui a défié les nazis. Des fidèles viennent encore s’y recueillir.

Juste derrière la Marienplatz, Saint-Pierre revendique le titre de plus ancienne paroisse de Munich. Son maître-autel doré déborde de statues, et son clocher, surnommé le Alter Peter, offre la plus belle vue sur la ville. Il faut toutefois gravir un peu plus de 300 marches pour la mériter.

Non loin de là, l’église du Saint-Esprit nous cueille par surprise. Sa façade reste sobre, mais à l’intérieur, les frères Asam ont habillé la voûte de fresques et de stucs délicats.

Le plafond rococo blanc et or de l'église du Bürgersaal à Munich

La Frauenkirche, symbole de Munich

Impossible de manquer ses deux tours de brique coiffées de bulbes verts. La Frauenkirche, la cathédrale Notre-Dame, domine la vieille ville depuis le XVe siècle, et ses tours culminent à près de 99 mètres. Un référendum de 2004 a d’ailleurs freiné les tours plus hautes dans le centre.

Or, l’intérieur tranche avec le baroque voisin. La nef gothique est lumineuse, blanche, presque dépouillée, et les piliers filent vers la voûte comme des troncs d’arbres.

Près de l’entrée, cherchez le Teufelstritt, l’empreinte du diable dans le dallage : la légende amuse les enfants. Plus loin, le cénotaphe de l’empereur Louis IV de Bavière impressionne par son bronze noir et ses chevaliers en armure.

Les deux tours à bulbes de la Frauenkirche, cathédrale de Munich

Les Théatins et Saint-Michel, deux églises de princes

Ensuite, l’église des Théatins affiche un jaune éclatant sur l’Odeonsplatz. Une princesse de Savoie la fait bâtir pour remercier le ciel d’un héritier, né en 1662. Le style est italien, l’intérieur d’un blanc immaculé, et seule la chaire noire rompt cette symphonie de stuc.

Cependant, notre coup de cœur spirituel reste Saint-Michel. Les jésuites l’achèvent en 1597 : c’est la plus grande église Renaissance au nord des Alpes, et sa voûte en berceau laisse sans voix.

Là, dans la crypte repose Louis II de Bavière, le roi des châteaux de conte de fées. Fin juillet, nous avions visité Neuschwanstein et Hohenschwangau, et la boucle se referme ici, dans le silence.

Et puis, surprise encore, une inscription en français : « Honneur et Fidélité ». C’est le tombeau d’Eugène de Beauharnais, fils adoptif de Napoléon, qui avait épousé une princesse bavaroise. Le sculpteur danois Thorvaldsen l’a représenté en héros antique.

La nef blanche de l'église des Théatins sur l'Odeonsplatz à Munich

Notre conseil : L’entrée des églises est gratuite. Respectez les offices, surtout le dimanche matin, et couvrez vos épaules, même en plein été.


Le Viktualienmarkt, le ventre de Munich

Après tant de dorures, nous avions besoin de terre ferme, et le Viktualienmarkt nous l’offre généreusement. Ce marché occupe la même place depuis 1807.

Au centre, un immense arbre de mai bleu et blanc marque le cœur du marché. Ses figurines racontent les métiers de la ville, tandis qu’autour, plus d’une centaine d’étals proposent fruits, fromages, charcuteries, fleurs et miel.

D’ailleurs, des fontaines rendent hommage aux artistes populaires munichois. Nous tombons sur Ida Schumacher, balai à la main et seau au bras, et des passants ont fleuri le bord du bassin. Elle jouait la Ratschkathl, la commère du marché, et elle a trouvé sa place pour l’éternité.

Au centre enfin, le Biergarten sert la bière d’une brasserie munichoise différente selon les périodes. Au-dessus des parasols, le clocher de Saint-Pierre veille sur les buveurs.

L'arbre de mai bleu et blanc du Viktualienmarkt à Munich

Pour le déjeuner, nous cédons au cliché assumé : le Hofbräuhaus. Guillaume V fonde cette brasserie de la cour en 1589, et sous les voûtes peintes, les chopes d’un litre circulent entre les tables communes. C’est bruyant, touristique, et parfaitement bavarois.

Notre conseil : Arrivez au Viktualienmarkt avant midi. Goûtez une Weißwurst, la saucisse blanche : la tradition veut qu’on la mange avant que sonnent les douze coups.


Visiter la Résidence de Munich, le temps fort du séjour

Le palais des Wittelsbach

Nous gardons le meilleur pour le deuxième jour. En effet, la Résidence de Munich abrite les Wittelsbach de 1508 à 1918 : c’est le plus grand palais urbain d’Allemagne.

Dès la veille, nous avions déjà flâné dans ses cours. Sur la Max-Joseph-Platz, la statue du premier roi de Bavière trône devant la façade : Napoléon l’a fait roi en 1806. Plus loin, les façades peintes du Kaiserhof jouent les trompe-l’œil.

La façade de la Résidence de Munich et la statue de Maximilien Iᵉʳ Joseph

L’Antiquarium, la salle qui coupe le souffle

Puis nous entrons dans l’Antiquarium, et nous restons muets. Une voûte de 66 mètres se déroule, couverte de fresques, tandis que des bustes antiques s’alignent le long des murs.

Le duc Albert V la fait construire entre 1568 et 1571 pour sa collection d’antiques. C’est la plus grande salle Renaissance au nord des Alpes, et on a vraiment envie de s’asseoir et de lever les yeux pendant une heure.

Juste à côté, la cour des Grottes surprend encore davantage. Une grotte artificielle couverte de coquillages entoure une statue dorée de Mercure : les princes de la Renaissance adoraient ces fantaisies.

L'Antiquarium de la Résidence de Munich, salle Renaissance voûtée

Galerie des ancêtres, porcelaines et chambres riches

Le parcours enchaîne ensuite les merveilles. La galerie des Ancêtres aligne 121 portraits de Wittelsbach dans des cadres d’or, tandis qu’un arbre généalogique géant affirme la légitimité de la dynastie. La propagande a rarement été aussi élégante.

Puis vient le cabinet des Porcelaines, avec ses vitrines chargées de Meissen et de Nymphenburg. Ensuite arrivent les Chambres riches, signées François de Cuvilliés : miroirs, stucs dorés, soieries pourpres, le rococo atteint ici son sommet.

Néanmoins, le palais cache aussi ses blessures. Les bombardements de 1944 l’ont en grande partie détruit, si bien qu’une grande partie de ce que nous admirons est une reconstruction patiente. Cela ne retire rien à l’émotion.

La galerie des Ancêtres de la Résidence de Munich et ses portraits dorés

Deux chapelles, deux époques

Même au palais, la foi s’invite. La chapelle de la Cour, blanche et lumineuse, date du début du XVIIe siècle, et nous la découvrons depuis la tribune, comme les princes autrefois.

En contraste, la Allerheiligen-Hofkirche raconte une autre histoire. Leo von Klenze l’avait couverte de fresques dorées, mais la guerre l’a réduite à ses murs de brique. Elle accueille aujourd’hui des concerts, nue et magnifique.

La chapelle de la Cour de la Résidence de Munich vue depuis la tribune

Le Trésor et le théâtre Cuvilliés

Le Trésor, la Schatzkammer, mérite à lui seul le détour. Coupes en cristal de roche, colliers d’émeraudes, reliquaires : l’œil ne sait plus où se poser, d’autant qu’au centre trône la couronne du royaume de Bavière, réalisée par un orfèvre parisien en 1806-1807. Encore un clin d’œil français.

La couronne royale de Bavière exposée au Trésor de la Résidence de Munich

Finalement, nous finissons par le théâtre Cuvilliés. Quatre rangs de loges rouges et or s’élèvent autour la salle, où Mozart crée son opéra Idomeneo en 1781.

Lors de la guerre, on démonte les boiseries pour les sauver des bombes. On remonte ensuite le théâtre, pièce par pièce, dans une autre aile du palais, et assis dans un fauteuil de velours, nous imaginons l’orchestre s’accorder.

Les loges rococo rouge et or du théâtre Cuvilliés à Munich

Au troisième jour, un bus touristique nous emmène vers Nymphenburg et le musée BMW. Il s’agit d’une autre facette de Munich, que je vous raconte dans un article dédié.


Mes conseils pratiques pour visiter Munich

🌡️ Quand partir

De mai à septembre, Munich vit dehors, entre Biergärten et terrasses. En août, la chaleur monte vite : visitez donc les églises aux heures chaudes, elles restent fraîches. D’ailleurs, évitez la fin septembre si vous fuyez la foule, car l’Oktoberfest fait flamber les prix.

🚶 Se déplacer

Le centre historique se parcourt à pied, de la Karlsplatz à l’Odeonsplatz. Pour le reste, le réseau MVG couvre tout : U-Bahn, S-Bahn, trams et bus, et je vous conseille de prendre un ticket journée si vous enchaînez plusieurs trajets.

⛪ Les incontournables

🏟️ Combien de temps prévoir pour visiter la Résidence de Munich ?

Prévoyez une demi-journée complète. Le musée seul demande deux à trois heures, puis ajoutez une heure pour le Trésor et trente minutes pour le théâtre Cuvilliés. Le billet combiné des trois coûte 20 € en 2026, gratuit pour les moins de 18 ans, et je vous recommande de vérifier les tarifs sur le site officiel avant de partir.

🌅 Points de vue et photos

Montez au clocher de Saint-Pierre pour la vue sur la Marienplatz et les tours de la Frauenkirche. Par temps clair, les Alpes se dessinent à l’horizon, tandis que dans l’Antiquarium, placez-vous au fond de la salle pour bien saisir toute la perspective de la voûte.

🍽️ Où manger

Le Viktualienmarkt se prête parfaitement à un déjeuner sur le pouce. Pour l’ambiance, le Hofbräuhaus reste une expérience, à condition toutefois d’accepter le bruit. Je vous conseille de goûter le Schweinsbraten, le rôti de porc, avec une Knödel, la boulette de pain.

🚗 Comment y aller

Munich se trouve à environ 830 km de Paris par la route. En TGV direct, comptez environ six heures depuis Paris-Est, tandis que depuis l’aéroport, les S-Bahn S1 et S8 rejoignent la gare centrale en 40 à 45 minutes.


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Et vous, vous connaissez Munich ?

Avez-vous assisté au Glockenspiel de la Marienplatz ? Quelle église munichoise vous a le plus ému, et la Résidence, l’avez-vous visitée de fond en comble ?

En tout cas, partagez votre expérience dans les commentaires — je serais ravi de les découvrir !

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A propos de l’auteur


Gaël, voyageur passionné et créateur de contenu

Passionné par la photographie, la vidéo et les nouvelles technologies, je partage sur ce blog mes aventures à travers l’Europe, ainsi que mes escapades en Afrique australe et en Australie. À travers mes clichés, mes vidéos et mes prises de vue aériennes réalisées à l’aide d’un drone, je vous invite à découvrir des paysages et des expériences uniques.

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